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Øuvertüre





Mesdemoiselles et monsieur




Jɛ sυis eи¢ørɛ υиɛ pɛtitɛ fiŁŁɛ.









Une... présentation ?
Eh bien, c'est facile. Mon nom est dans mon pseudo. Je ne connais pas mon âge. Et pour résumer, je n'aime presque rien. Simple, n'est-il pas ?
Ce blog est un passe-temps, rien de plus. Oui parce que ma principale activité, dans la vie, c'est m'ennuyer. Je ne fais rien d'autre (ou presque). Que personne ne se méprenne, je ne suis pas en train de me plaindre, je préfère ça que tout un tas d'autre chose. Mais bon, je ne suis jamais satisfaite, cela s'entend - c'est un aspect de ma personnalité plutôt courant chez les gens en général. J'espère que c'est un des seuls, il suffit de se promener deux secondes sur ce charmant site qu'est skyrock - mais j'assume, j'assume.


































₣ermetüre


✘. Łυиα¢ƴ : Tɧɛ ⍵ørŁɖ iи bŁυɛ .✘.

































# Posté le dimanche 06 janvier 2008 06:41

Modifié le jeudi 05 mars 2009 17:03

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“Observer. Voir. Regarder.”

Je ne fais pas partie de votre monde. Je suis là sans être présente. D'ailleurs vous ne me voyez même pas. Je suis derrière vous, je vois observe, vous vois, vous regarde. Si votre vie vaut la peine d'être consignée quelque part, elle le sera. Je suis là pour ça. Je suis là pour vous voler vos vies, me les approprier. Je me nourris du malheur et de la tristesse de chacun. La haine est mon plat préféré, la vengeance n'a pas mauvais goût non plus. C'est le type d'existence que je me suis choisi, pour être hors du temps. Pour ne pas avoir à souffrir comme vous. Parce que ce monde n'est pas fait pour moi. Même si cela nous déchire le coeur d'assister au massacre d'une vie, tandis que résonne dans nos têtes l'unique règle à laquelle nous obéissons, trois mots : NE-PAS-INTERFERER.


Mon réveil chante. Il trouble ma somnolence. Je tends une main vers la table de chevet, l'appareil est là, annonçant mon réveil quotidient. C'est l'heure de se lever.
J'ouvre mon placard. Des dizaines d'exemplaires des mêmes vêtements attendent que je les porte, soigneusement pliés. Une chemise noire, une jupe blanche, des collants noirs, des chaussures blanches. Comme tous les jours. Après m'être habillée, j'ouvre la fenêtre en grand pour respirer de l'air frais. Mais l'atmosphère, au dehors, n'est que pollution et fumée de cigarette. Même ici l'air est vicié. Pourtant il n'y a personne, je suis seule.
Je sors, prenant bien soin de fermer ma maison à clef. Grace à mon grand manteau noir, je n'ai pas froid. D'un pas lent, je me dirige vers l'école.
Elle est là, comme tous les jours elle attend dans un coin, mais personne ne la voit. Je me sens proche d'elle, moi aussi je suis invisible. Mais c'est mon rôle, je me dois de garder mes distances. Elle, elle est triste. Elle, c'est la compagnie qu'elle recherche. Mais personne ne veut d'elle, elle est bien trop sinistre. Assise contre le mur, les bras autour de ses genous, elle regarde le ciel, comme si un ami allait descendre du ciel. Je me tiens à quelques mètres d'elle, je la regarde. C'est mon rôle, je suis là pour ça. Ses yeux d'un bleu profond et mélancolique semblent noyer le monde dans un torrent de larme. Pourtant, je suis la seule à l'avoir remarqué. Je suis la seule à m'interesser à elle, mais moi c'est mon rôle et elle ne me connait pas.
Maintenant d'autres filles s'approchent d'elle. Je distingue une lueur d'espoir au fond de son océan de tristesse. Moi j'ai assez observé pour deviner ce qu'il va se passer, mais je reste là et j'observe encore. Les filles lui parlent, elle est contente. Elles lui demandent d'aller leur chercher de l'eau. Elle accepte, elle est presque joyeuse qu'on lui donne quelque chose à faire. Elle se sent utile, ce sentiment lui procure un certain plaisir. Elle voulait qu'on lui parle, la pauvre. Elle est arrivée devant le distributeur, se rend compte que les filles ne lui ont pas donné d'argent. Tans pis, elle sort une pièce de sa poche et appuie sur le bouton. Quand elle leur rapporte le Coca, elles lui versent dessus. Elles préfèrent l'Ice Tea. Elle est déçue, elle n'a pas fait bien cette fois-ci non plus. Elle reprend sa place contre le mur. Elle est seule.
On vient déranger sa tranquilité une deuxième fois. Cette fois, c'est parce que la cloche sonne et que c'est l'heure d'aller en classe. Elle se lève, prend son sac. On a encore mis de la colle sur sa chaise, sa jupe est toute poisseuse. Les autres rient parce que ça les fait rire. Elle s'assoit, la tête baissée. Ses longs cheveux lui tombent sur la figure, elle est laide. Elle ne veut pas qu'on la voit, elle a trop honte. Alors elle baisse encore plus la tête, elle baisse la tête à s'en rompre le cou. Quelqu'un lui jette un papier roulé en boule. Elle s'entend dire qu'elle doit aller le jeter, alors elle se lève et va le jetter.
C'est la fin de la journée. Elle rentre chez elle, elle est trempée. Quelqu'un lui a versé de l'eau dessus, elle n'a pas vu qui parce qu'il s'est enfuit. On s'amuse à lui jeter du sable ramassé par terre, ses vêtements grattent mais elle n'ose pas les retirer, pas même son pull. Elle subit, sans rien dire. D'un pas trainant, elle rentre chez elle et moi, je rentre chez moi. Aujourd'hui ressemble à hier et ressemblera à demain, tous les jours c'est la même scène. Et cela fait des semaines que je l'observe, des semaines que ça dure.

Aujourd'hui, elle m'a parlé.
“Dis... qui es-tu ?”
Je ne réponds pas. Je ne suis personne. Elle n'est pas supposé me voir, pourtant c'est bien moi qu'elle regarde. Nos yeux se croisent.
“Ce n'est pas grave si tu ne veux pas me le dire. C'est juste que ça fait longtemps que tu es là, je me demande pourquoi tu viens ici tous les jours.”
Je ne réponds pas. Je ne sais pas quoi lui dire.
“-J'ai l'impression que tu viens pour moi. Ça me fait plaisir, parce que une personne au moins sait que j'existe.
-C'est mon rôle.
-Ton rôle ?
-Mon rôle.
Sa voix est douce et gentille. C'est la première fois que je l'entends. Elle se lève et se plante devant moi, je constate qu'elle est voutée. Elle me regarde en coin, car elle baisse la tête. Les autres s'arrêtent, nous regardent. Ils se demandent vaguement ce que la fille en noir fait là, elle n'est pas de l'école. Dix secondes après, ils m'oublient. Je ne fais pas partie de leur vie, je ne fais partie de la vie de personne. Ou presque...
-Si c'est ton rôle de savoir que j'existe, ça me va. Même si tu es payée ce n'est pas grave, ça n'a pas d'importance.
-Je ne suis pas payée...
-Alors pourquoi ?
Je ne réponds pas. Je ne dois pas. Je ne peux pas lui expliquer parce que je ne vis pas dans leur monde, elle ne comprendrait pas. J'aimerais lui dire que je préfère ne pas exister, que j'ai laissé tombé toute identité parce que ça me convient mieux comme ça. Mais c'est impossible. Je ne peux pas.
La cloche sonne, elle s'en va. Elle me dit au revoir. Elle ne m'a pas remarquée dans sa classe apparement. Mais je la regarde, c'est mon rôle. Avant d'être envahie par la cohue des élèves, elle se retroune et me fait un signe de la main. Cela dure une seconde à paine, après elle ne peut plus parce que quelqu'un l'a saisie par les cheveux. Cette fois, je ne veux pas voir la suite alors je me retourne, et je cours.


Il n'y a qu'une seule personne dans le bus, et c'est cette fille. Il y a moi aussi, j'ai dis bonsoir au chauffeur. Il m'a regardé d'un air ahuri, comme si il ne savait pas très bien qui lui parlait. Il ne se souviendra pas de moi. Je m'installe à l'avant dernier rang. Elle ne m'a pas vue. Elle n'est pas supposée me voir. Mais elle se retourne quand même. Elle me fixe, c'est bien à moi qu'elle parle.
“Je m'appelle Meg, et toi ?”
“Je ne sais pas, je n'y ai jamais réfléchi. Mais je suppose que je m'appelle Lunacy...”
Elle ne m'a pas posé de questions, mais je voyais bien dans son regard qu'elle ne désirait pas une réponse aussi insolite. Le pourquoi s'imposait de lui-même dans ses yeux.
“J'aime bien”, donnais-je en guise d'explication. Elle sembla comprendre, n'insista pas. Elle me fit signe de m'assoir à côté d'elle, mais je ne bouge pas. Je suis très bien là où je suis. Un rictus étrange déforme la bouche de Meg, elle essaye de me sourire. Mais ce sourire-là, je ne le connais que trop bien. Pour avoir aussi longtemps observé des vies, je sais par expérience que c'est l'expression des gens qui veulent de l'aide mais qui n'arrivent pas à en demander. Meg veut que je la prenne en pitié, je crois que c'est un sentiment inconscient. Je me contente de l'observer, parce que c'est ce que je fais chaque jour et parce que c'est mon rôle. Comme elle voit que je ne fais rien, c'est elle qui vient s'assoir à côté de moi. Nous ne parlons pas. Je crois que ma présence lui fait du bien. Mais dans peu de temps, elle m'oubliera.

Meg ne m'a pas oubliée. Le lendemain matin, elle est là et elle m'attend. Je me cache, je ne veux pas que son regard me transperce encore. Ça me fait mal. Elle n'est pas supposée me voir, je ne vis pas dans son monde. C'est l'heure de rentrer en classe, alors elle rentre en classe. Moi je m'approche de la fenêtre, pour voir.
Elle s'assoie à sa table, met la main dans son sac. La retire en hurlant, quelqu'un y a glissé des chenilles. On prend sa trousse, la met à la poubelle. On lui ordonne d'aller la chercher, alors elle s'éxecute. Mais quand elle revient, quelqu'un lui fait un croche-pied et elle s'étale de tout son long par terre, les autres lui marchent dessus et lui tirent les cheveux. Leurs rires lui écorchent les oreilles, elle souffre, Meg. Elle souffre atrocement. Et ce n'est qu'un jeu pour eux, personne ne s'en rend compte. Arrive un moment où elle n'en peut plus, elle va craquer. Elle a envie de hurler, de libérer sa peine. Mais c'est impossible, ici. Alors elle se lève brutalement, sors de la classe en courant.
Arrivée dans la cour, elle se dirige droit vers moi. D'un pas rapide et décidé, si bien que je n'ai pas le temps de réagir qu'elle s'effondre à mes pieds, en larmes. Sans presque m'en rendre compte, je la prends dans mes bras. Je réalise que je suis en train d'exister et que je ne devrais pas, mais c'est trop tard, car elle s'est accrochée à moi avec l'énergie de celle qui n'y croyait plus. Nous sommes en train de nous toucher. Et moi, je suis en train d'agir. Je sais que je ne dois pas, mais si je la laisse maintenant elle va se briser. Elle sanglote donc dans mes bras. Je ne dis rien, je laisse les choses se passer. Car après tout c'est mon rôle et je connais les règles.
Nous restons un long moment ainsi. Je me dis qu'il n'y a rien de plus agréable que la chaleur d'un corps humain, je ne sais plus ce que je pense. Tout ça j'y ai renoncé depuis longtemps. Alors je me dégage et m'enfuis pour la deuxième fois.

Il y a une personne au monde qui sait que j'existe. Il y a une personne au monde qui se souvient de moi. Il y a une personne au monde qui pense à moi. il y a une personne au monde qui me parle, qui m'écoute les rares fois où j'ouvre la bouche. Une personne au monde qui m'a déjà touché. Et cette personne-là se dit exactement la même chose de moi.
Pourtant elle a tord, car elle, elle vit encore dans leur monde. Pour moi c'est finit tout ça, je n'ai plus d'existence qu'à travers elle. D'ailleurs je ne devrais pas, c'était le choix que j'avais fait. Parce que je sais que bientôt, je devrais quitter Meg, disparaître de sa vie. Balayée en un claquement de doigt, la trace de mon passage dans sa mémoire.
Meg me fait confiance, elle m'aime. Les autres continuent à la persecutée, mais elle sait que je suis là pour elle, et savoir que je me rends compte de son absence, que je la cherche, que je suis au courant de la souffrance qu'elle endure chaque jour. Et cela lui suffit, elle sourie pour de vrai maintenant.
Moi, je me rends compte que je l'aime bien, Meg. Elle est très gentille et pleine d'attentions. Elle est sincère, j'aime quand elle me parle d'elle. Elle me comprends plus ou moins, elle a abandonné depuis longtemps l'idée de me faire parler de moi. Notre relation étrange lui va à elle mais pas à moi, car je sais que je devrais partir bientôt.

Un jour, elle rentre de l'école et je marche à ses côtés. Elle sait que je suis là et c'est bien suffisant, rien ne saurait venir troubler notre doux silence. Rien sauf un tas de chose et de gens, et d'ailleurs ce sont les mêmes filles que la dernière fois qui se donnent ce plaisir. Elles, elles ne me voient pas. Elle ne me regardent pas. Elles demandent à Meg de les suivre, et celle-ci obéit. Je ne dis rien, je ne dois rien dire. Elles l'entraînent vers la loge de la concierge d'un vieil immeuble abandonné depuis longtemps. Je les suis. Elles font rentrer Meg à l'intérieur, l'une d'entre elle referme la porte. Je vois le visage de Meg plonger peu à peu dans la pénombre, il fait noir dans la loge. Meg, elle, voit le rayon de lumière se rétrécie jusqu'à ne plus être. Je suis entrée à mon tour, personne ne m'a vue. Et moi, j'observe.
Dans la loge attendent trois garçons. Elles tiennent Meg par les bras, l'empêchant de se débattre pendant qu'ils arrachent ses vêtements. Elle hurle, mais personne ne l'entend. Les rares passants font semblant de ne rien savoir, je le sais. Ils pressent le pas devant la loge. Meg fixe avec horreur l'objectif de la camera pointé sur elle, ainsi que les sourires sadiques de ses assaillants, et leurs regards de déments lui font peur. Meg se débat tant qu'elle peut, son corps frêle à la merci de bêtes suantes et violentes. Quand c'est fini, ils la laissent choir sur le sol, la porte de la loge entrouverte. Elle lève la tête, son regard vide se fixe sur moi. Elle tend une main blanche et tremblante vers moi, je suis son unique porte de sortie. Elle a l'air misérable. Pour un peu, les larmes seraient sorties de mes propres yeux. Elle est implorante, je veux poser la main sur sa tête et carresser ses cheveux mais mon bras se bloque instinctivement au dernier moment. La toucher maintenant signifie interferer, et je ne peux pas transgresser la règle absolue. Je m'étais attachée à elle, quelle erreur ! Mon rôle ici était terminé. J'avais vu, j'allais me souvenir. Et c'était tout. Je tourne les talons et m'en vais. Le bruit de mes pas résonnent dans la loge. Je devine l'expression de Meg, incrédule et si douloureuse, mais je sais que si je me retourne c'est fini pour moi. Une fois sortie de la loge, je me mets à courir. Je m'enfuis pour la troisième et ce que je pense être la dernière fois.





# Posté le jeudi 05 février 2009 16:25

Modifié le mardi 17 février 2009 13:29

[[Step THREE]] - [[ƧƨɘᴎʏzɒᴙƆ -do not try to undersand-]] - [[Liquid...]]

[[Step THREE]] - [[ƧƨɘᴎʏzɒᴙƆ -do not try to undersand-]] - [[Liquid...]]

































Le contact du carrelage blanc et froid sous mes pieds nus me glace jusqu'au sang. Je fixe la surface de la piscine, ici ce n'est pas profond et je distingue le sol à travers l'eau chlorée. Il me semble qu'au fur et à mesure, la piscine devient de plus en plus profonde, de plus en plus sombre. La surface de l'eau se rapproche et soudain, je me retrouve emprisonnée dans une cage liquide, le chlore me piquant les yeux et me brûlant les poumons. Une force m'entraîne vers le fond. Je ne veux pas, je suffoque. Mes bras et jambes fendent la matière aquatique à la recherche d'une aide quelconque, mais personne ne semble réaliser que je suis en train de crever. Je distingue à peine quelques formes noirâtres à la surface. J'essaye de crier, de ma bouche ne sortent que des bulles de son. Moi en revanche, j'entends parfaitement que j'étouffe. Le peu que je vois, ce sont mes mains s'agiter devant mes yeux, les bulles qui remontent à la surface, une étendue bleu piscine à perte de vue.
"Hey !"
Quelqu'un vient de m'appeler, m'arrachant à ma contemplation et interrompant la scène. Je relève la tête et voit les corps verdâtres de mes camarades flotter mollement à la surface de l'eau. Deuxième hallucination. Je n'irais pas, je n'entrerais pas dans l'eau. Je tourne les talons et je m'enfuis.




# Posté le lundi 09 février 2009 14:07

Modifié le mardi 17 février 2009 13:28

[[Step FOUR]] - [[Ƨ϶vɩl ᴙuO -do not interfere-]] - [[Misunderstanding...]]

[[Step FOUR]] - [[Ƨ϶vɩl ᴙuO -do not interfere-]] - [[Misunderstanding...]]












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Je fixe avec horreur l'objectif de la camera pointé sur moi, ainsi que les sourires sadiques de mes assaillants, et leurs regards de déments me font peur. Je me débats tant que je peux, mon corps frêle à la merci de bêtes suantes et violentes. Leur bestialité me fait atrocement mal. J'ai envie de mourir.
Quand c'est fini, ils me laissent choir sur le sol, la porte de la loge entrouverte. Faible, je peux à peine bouger. Je la cherche des yeux. Je lève la tête, mon regard vide se fixe sur elle, et je crois que j'ai encore la force de tendre une main blanche et tremblante vers elle, elle est mon unique porte de sortie. Mais elle est partie, je n'ai même pas lu sur son visage un semblant de considératon pour moi. C'est fini. Je suis finie.

Je savais, pourtant, que tu allais finalement t'en aller un jour ou l'autre. J'ai conscience qu'une fois ton rôle ici terminé, tu ne resterais pas avec moi. Mais toi, tu m'as regardée, tu m'as parlé et tu m'a même dit ce que tu pensais être ton nom. Lunacy, tu étais la seule à savoir que j'existais. Tu venais chaque matin pour moi, exprès pour moi et tu passais des heures à m'observer. J'ignore pourquoi, je ne sais rien de toi. Ton mutisme et ton inexpression me réconfortaient, même si tes yeux inquisiteurs me transperçaient de part en part, je n'ai jamais eu l'impression que tu me jugeais. Et c'est pour cela que j'ai éprouvé et que j'éprouve toujours une profonde fascination pour toi, Lunacy, même si à présent tu as disparu. Tu m'obsèdes. Oui, et c'est pour cette raison que Lunacy est la personne que je déteste le plus au monde.

Il fait noir dans ma chambre. Je me complais mieux dans la pénombre, elle m'empêche de voir mon reflet dans le grand miroir. Je suis assise par terre, face au mur, la tête baissée. Mes longs cheveux tombent de chaque côté de mon visage, si il n'avait pas fait aussi sombre j'aurais pu dire qu'on ne voyait plus mes yeux. Mais on ne voit rien de toute façon. Je les caresse, ne réalisant que vaguement que je les touche pour la dernière fois. Ensuite, je m'empare de la paire de ciseaux posée côté de moi, et tranche ma belle chevelure qui tombe en mèches délicatement sur le sol. Je suis passée dans un autre monde, bien malgré moi, et je me débarrasse de mon boulet d'existence pour mieux prendre mon avenir en main.

Je marche, traînant un bruit métallique derrière moi. C'est la batte de baseball que j'ai soigneusement choisi pour eux qui cogne contre le trottoir. Je baisse la tête, mais mes cheveux ne cachent plus mon visage et tout le monde aperçoit ma mine sombre. Ce n'est pas grave, je ne m'en soucie pas, même si je suis laide à pleurer. J'ai un but et je marche droit dedans. Lorsqu'ils apparaissent dans mon champs de vision, je n'ai pas de réaction particulière, si ce n'est que j'accélère l'allure pour les rattraper plus vite. Je ne me suis pas trompée, je reconnais bien dans leurs yeux cette bestialité qui m'a tant effrayée il n'a pas longtemps. De toute façon, je crois que même dans cent ans je m'en serais souvenue encore, il n'y a apparement aucun moyen de le savoir de toute façon. Je pense que je sais ce que l'avenir me réserve car à vrai dire je n'en ai pas. Mais je dois d'abord finir ça, avant.
Leurs os craquent et le sang se répand. Mon arme est tachée de rouge, mais je continue à frapper. Leurs hurlements ne me dérangent pas, ils m'indiquent seulement qu'ils ont encore la force de crier. Alors je frappe, et je frappe plus fort. Mon bras s'abaisse et se redresse, pour s'abaisser encore. Je ne le contrôle plus, ce n'est qu'un mouvement mécanique et mon esprit ne suit pas. Je ne possède plus mon corps, il n'obéit plus qu'à la haine pure et profonde que j'éprouve à leur égard. Alors je laisse faire, et quand c'est fini, quand ils ne bougent plus, quand il ne reste aucune preuve de leur inhumanité et quand j'ai fini de les punir, je me retire, mais je laisse la batte sur les lieux parce qu'elle est trop lourde et trop sale, et que je n'en ai plus besoin.

Je contemple la rue, de là d'où je suis c'est facile. C'est tellement haut que je vois tout une partie du village, et c'est donc ici que mon futur prend fin. Je peux renoncer, c'est ce que je me dis et je ne sais pas pourquoi je pense à ça. Parce que ma décision est déjà prise. Je me tiens droite, les bras levés pour mieux sentir le vent m'effleurer le corps. C'est une douce sensation, que je ressens mieux lorsque je commence à tomber. Je ferme les yeux, je ne vois pas le sol qui se rapproche, et pourtant il n'est plus qu'à quelques mètres.






J'erre donc. L'endroit où j'ai atteri s'appelle le Bureau de l'enfer. Un gamin habillé en rouge et noir feuillette des dossiers, me fait patienter jusqu'à ce qu'il dise qu'il a trouvé le mien. Il prend son temps pour le lire à voix basse, j'entends un murmure lent et saccadé mais je ne comprends pas ce qu'il dit. Je suis un peu effrayée. Mais ça va.
Enfin il prononce son verdict, au bout d'un long moment. Je suis abasourdie par ce que j'entends. Mes yeux s'écarquillent et je dois m'assoir pour ne pas tomber, alors je m'accroupis et prend la tête dans mes mains. Je ne peux croire ce que j'entends. Le gamin ne s'est pourtant pas trompé. Je ne suis pas acceptée en Enfer.

Il ne m'a pas jugée mauvaise. Selon eux, j'ai des sentiments. Ils disent que je suis purement humaine et que ça excuse mon crime, je ne suis pas autorisée à mourir non plus. Mes jambes tremblent, on m'enfonce un pieu dans le ventre. Je suis donc condamnée à errer entre vie et mort...?

On me relève, me fait assoir sur un fauteil qui n'était pas là auparavant. Le gamin s'avance, je remarque qu'il a les pieds tordus. Il me dit son nom. Il s'appelle Thanatos. Il m'explique qu'il me reste encore de l'espérance de vie, et que je dépenserais ces nombreuses années en jugeant à mon tour les âmes de ceux qui viendront ici, et c'est normal parce que je ne veux plus de la vie. Au bout de tout ce temps, j'aurais enfin accès à une mort véritable, et ma conscience n'en sera que soulagée, même si je sais que j'ai quitté le monde que je connaissais pour toujours, je m'y étais préparé.
J'ai plein de questions à poser à Thanatos, mais il disparaît, ainsi que le décor. J'ai l'impression de chuter, et ce sentiment de chaleur ne m'est pas agréable. Je veux que ça s'arrête, ça va trop vite et j'ai trop chaud. J'ai peur de l'inconnu, et je crois que je ne veux surtout pas savoir ce qu'il y a après parce que j'avais renoncé à ce monde pour de bon. Du rouge, et du noir : une toute autre existence m'attend à présent.







# Posté le jeudi 12 février 2009 17:18

Modifié le jeudi 19 février 2009 06:53

[[Step FIVE]] - [[θαυατοζ -do not approach-]] - [[Expressionless face...]]

[[Step FIVE]] - [[θαυατοζ -do not approach-]] - [[Expressionless face...]]






Thanatos.

La silhouette d'un garçon se découpe dans les pofondeurs de l'Enfer.
Il paraît très très petit, vraiment très petit. Et maladif. Ses membres
sont maigres au possible, et son visage salement crevassé. Ce sont
des lèvres sur lesquelles jamais un sourire n'est passé. Ce sont des yeux
qui n'ont jamais pleuré. C'est un enfant, plus tout à fait enfant, pour
qui ce qu'on appelle "sentiments", ou "émotions" sont des notions
inconnues.

Thanatos.

Ce visage creusé est parfaitement lisse. Ces yeux, comme tous les yeux,
sont le reflet de ses expériences et de son passé, c'est-à-dire qu'ils sont
absolument vides. Dedans, il n'y a rien. L'enfant qui n'est plus tout à fait
un enfant, qui n'a même jamais été enfant n'a pas vécu. Depuis qu'il
est né et jusqu'à la fin de sa vie, il a hanté, régné et hantera, règnera sur
ce lieu insolite qu'on appelle l'Enfer. Cela veut dire qu'il n'a jamais cotoyé
les sentiments et émotions que sur le visage d'autrui, il a vu des pleurs,
des larmes, des sanglots, des colères, des rages, de la haine, des tristesses,
du désespoir tordre les bouches et déformer les yeux. Mais lui, jamais pleurs,
larmes, sanglots, colères, rages, haine, tristesse, désespoir ne lui tordent la
bouche ni ne déforment ses yeux.

Thanatos.

Cet enfant est très bien vêtu. Il porte une chemise d'une blancheur brillante,
que l'on devine sous une grande cape qui lui tombe jusqu'aux pieds. Il y'a de
la fourrure écarlate au bout, soyeuse comme le pelage d'un animal vivant. Ses
cheveux sont beau et bien coiffés. Il porte toute sorte de bijoux, il respire la
richesse. Roi de l'Enfer, c'est un boulot qui rapporte, mais qui au fond fait perdre
beaucoup aussi, mais pas de l'argent. Enfin dans ce cas, on s'en fiche, non ?

Thanatos.

Très bien entouré. Beaucoup de gens autour de lui, en particulier Minos, fidèle
et indépendant. Il y'a aussi les juges vêtus de noir et de rouge, qui décident
d'envoyer ou non les gens en Enfer d'après les dépositions de ceux qui voient,
regardent observent. Habillés de noir et de blanc, ceux-là. C'est nous. Nous ne
parlons jamais vraiment beaucoup, mais enfin nous sommes là.
Finalement le garçon est seul, si seul, parce qu'il n'a rien à partager. Il ne
connait rien. Il ne voit même pas les couleurs. Il ne comprend personne et
personne ne le comprend.

Thanatos n'en souffre pas, il n'a jamais connu autre chose. Pour vous, il continuera
à envoyer les mauvaises personnes en Enfer, les pires, celles qui n'ont pas de coeur.
Pas de coeur comme lui, mais pas vraiment pareil quand même. Pour les autres,
on ne sait pas ce que la mort leur réserve, et ça n'intéresse pas Thanatos parce que
rien n'intéresse Thanatos. Il est comme ça, c'est comme ça et personne n'y peut rien.
Puisse-t-il avoir une vie fade et sans couleurs jusqu'à la fin de son éternité...







Oavatoc, Thanatos.

# Posté le mardi 17 février 2009 13:26

Modifié le vendredi 20 février 2009 07:51